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Perturbateurs endocriniens : décryptage
Perturbateurs endocriniens : décryptage
Rachel M.
Sep 06, 2018

Les perturbateurs endocriniens, on en a tous entendu parler par les médias, on a compris que c’est flippant et surtout qu’ils sont potentiellement dangereux pour notre santé et l’environnement. Mais si vous êtes comme nous il y a quelques temps, vous êtes assez peu au point. Donc ce qu’on vous propose, c’est une synthèse accessible qui vous permettra de comprendre un peu plus de quoi il retourne. C’est parti !

Pour bien fixer les choses

On va commencer par lister les effets, vous allez voir, c’est affligeant.
Baisse de la fertilité masculine / Augmentation des cancers de la prostate, des testicules, du sein, de la thyroïde / Avancement de l’âge de la puberté chez les filles / Troubles du comportement / Défaut de maturation cérébrale / Malformations congénitales de l'appareil reproducteur masculin (malformation des gonades ou régression pénienne) / Altération du système immunitaire / Anomalies de la fonction ovarienne, de la fertilité, de la fécondation, de la gestation et de l’implantation utérine. N’en jetez plus…

En plus, les effets peuvent être fortement différés dans le temps : les cancers ou malfonctions apparaissant plusieurs décennies après l'effet perturbateur, pouvant être «transgénérationnels», avec des effets sur au moins une ou deux générations (cas des descendantes de femmes traitées au distilbène par exemple). Wahoo…

Un brin d’histoire

Les effets de perturbateurs endocriniens sont observés et dénoncés au moins depuis les années 1970, avec des enjeux de santé reproductive et donc potentiellement de survie à long terme pour diverses espèces animales et pour l'espèce humaine.

Ce n’est qu’en 1991 au cours de la conférence pluridisciplinaire de Wingspread que l'expression « endocrine disruptors », traduite par « perturbateurs endocriniens » est inventée.
Les années 1990 marquent une prise de conscience de la présence dans l'environnement de substances capables de perturber le système endocrinien, c’est à dire hormonal. Les observations faites sur certaines populations animales encouragent la poursuite de la recherche dans le domaine.

Définitions officielles

En 1996, voici une définition de ce qu’est un perturbateur endocrinien : « substance étrangère à l'organisme qui produit des effets délétères sur l'organisme ou sa descendance, à la suite d'une modification de la fonction hormonale ».
Autre définition : « agent exogène qui interfère avec la production, la libération, le transport, le métabolisme, la liaison, l'action ou l'élimination des ligands naturels responsables du maintien de l'homéostasie et de la régulation du développement de l'organisme ».
Et une autre : « un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien et induisant donc des effets nocifs sur la santé d'un organisme intact, de ses descendants ou (sous-)populations ».
Toutes les définitions s’accordent : le perturbateur endocrinien agit à très faible dose, comme toutes les hormones !

Quels sont leurs modes d'action ?

Un perturbateur endocrinien peut être défini par la nature de ses interactions avec le mécanisme d'action hormonale. Ces molécules interfèrent avec le fonctionnement des glandes endocrines ou des organes cibles par trois types d'effets :
- Effet mimétique : imitation de l'action d'une hormone naturelle ;
- Effet de blocage : blocage de l'action d'une hormone naturelle (en saturant les récepteurs cellulaires, par exemple) ;
- Effet perturbant (ou d'interférence) : gêne ou blocage de la production, du transport, ou du métabolisme des hormones ou des récepteurs, induite par une action hormonale anormale dans l'organisme qui interfère avec les processus métaboliques ou de croissance et division cellulaire. Ces perturbations sont d'autant plus graves qu'elles se produisent tôt (fœtus, embryon, jeune enfant, car des effets irréversibles peuvent être induits, y compris des malformations génitales).

Comment est-on exposé aux perturbateurs endocriniens ?

Ils agissent en pénétrant les organismes via :
- les voies digestives, par l'intermédiaire de la nourriture ou de l'eau de boisson, du mucus pulmonaire dégluti et éventuellement de médicaments ou autres produits ingérés : maquillages, rouge ou baume à lèvres, dentifrices, rince-bouches, objets sucés tels que tétines ou jouets portés à la bouche, etc.
- les voies respiratoires : poussières, micro- et nanoparticules inhalées passent dans le sang ou la lymphe par ce biais. Les molécules en cause proviennent de parfums, de peintures et matériaux synthétiques, détergents, solvants, etc.
- le passage percutané (par la peau) : certaines substances hydro ou surtout liposolubles passent facilement la barrière de la peau. C’est là que ça nous intéresse le plus et que l’on vous propose des alternatives. Cela concerne les produits cosmétiques, mousses à raser, colorants pour les cheveux, et autres composants contenus dans certains savons, lotions, déodorants, lingettes nettoyantes, etc.
- le cordon ombilical ou le liquide amniotique, in utero.

Certains produits empruntent plusieurs de ces voies ! Quel bonheur !
Pour continuer de noircir le tableau, sachez que les diverses substances qui sont ingérées par l'homme en tant que médicaments ou ingérées par l’alimentation peuvent être retrouvées en aval des stations d'épuration puisque ces installations sont inefficaces pour détruire ces types de composés. Certains composés sont dégradés, mais beaucoup ne le sont pas ou que partiellement ; une partie de ceux-ci est retrouvée en aval dans l'eau et les sédiments, toujours biologiquement actifs. Une autre partie est adsorbée sur des particules en suspension, qui sont souvent exportées avec les boues d’épuration dans les champs. Le type de traitement et le temps de séjour ont une importance. Un traitement additionnel des eaux usées (à l’ozone ou au charbon activé), permet une meilleure élimination des micropolluants, mais souvent avec des coûts supplémentaires.
Les eaux usées posent un problème majeur de pollution diffuse.

Types de perturbateurs

Il existe des perturbateurs endocriniens d’origine naturelle et d’autres qui sont des composés de synthèse (chimiques).

Ainsi, certains aliments, au-delà des phénomènes de concentration des perturbateurs au fil de la chaîne alimentaire (poissons par exemple), sont naturellement riches en perturbateurs. C’est ainsi qu’on retrouve des phyto-œstrogènes perturbateurs dans les germes de blé (zearalénone), le soja (isoflavones), le houblon et la bière (isoflavonoïdes). Il est également prouvé que certains perturbateurs migrent depuis les emballages vers les aliments.

Dans les composés synthétiques, on retrouve :
- les antioxydants : alkylphénols ;
- les composés organométalliques : sels de tributylétain (TBT) ;
- les détergents et agents mouillants : alkylphénols, nonylphénol, nonylphénol mono- ou polyéthoxylés ;
- les médicaments : stéroïdes synthétiques, tels ceux utilisés dans les pilules contraceptives ;
- les pesticides : organochlorés (DDT, HCH, PCDD), organo-azotés (triazines), pyréthrinoïdes ;
- les plastifiants : alkylphénols, nonylphénol, phtalates ;
- les polychloro-biphényles (PCB).

Zoom sur les phtalates

Les phtalates sont des plastifiants très courants, retrouvés dans presque tous les produits en polychlorure de vinyle (PVC), auxquels ils confèrent la souplesse voulue (rigide, semi-rigide ou souple). En plus de leur présence dans tous les PVC (nappes, rideaux de douche)..., ils peuvent être trouvés dans des milliers de produits courants : couches, chaussures et bottes, textiles imperméables, cuirs synthétiques, jouets, consoles de jeux, encres d’imprimerie, détergents. Ils sont présents dans des matériaux de construction, d’ameublement et de décoration, adhésifs et pigments de peinture.
Les cosmétiques sont également concernés : parfums, déodorants, laques, gels, vernis à ongles, lotions après-rasage, lubrifiants. Ils y servent alors principalement d’agents fixateurs.
Ils sont également présents dans plusieurs médicaments.

Autres perturbateurs endocriniens soupçonnés

- Le tabac
- Vinclozoline
- Zéaralénone
- Dioxines
- Furanes
- Polychlorobiphényle (PCB)
- Certains HAP (des résidus de combustion d'hydrocarbures, qu'on retrouve dans les gaz d'échappement des chaudières au fioul, gaz et au charbon, mais surtout dans les gaz d'échappement des voitures diesel et essence).
- Phénols
- Perchlorates (affectant la thyroïde)
- Divers pesticides (dont organochlorés, tels que l’insecticide endosulfan, le DDT et leurs dérivés)

Chez certaines espèces, des métaux lourds peuvent aussi être perturbateurs :
- le chrome (chez les crustacés)
- le manganèse (chez les crustacés)
- le plomb : ce neurotoxique se montre aussi reprotoxique
- le mercure

Aujourd’hui, en France, en Europe, on en est où ?

France : Un premier « Programme national de recherche sur les perturbateurs endocriniens » a été lancé en 2005.
Les ministères de la Santé et de l'écologie ont lancé en septembre 2013 une consultation publique préalable à une « stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens », reprenant les propositions des groupe de travail établis après la Conférence environnementale de septembre 2012, rassemblant élus, chercheurs, ONG et entreprises.
La stratégie vise d'une part à limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens et leurs conséquences sanitaires et environnementales, et d'autre part à renforcer la recherche.

Mais les problématiques de santé publique se heurtent à l’économie.
En effet, à la suite d'un intense lobbying de l'industrie pétrochimique, la Commission Européenne annonce en juin 2013 et avril 2015 qu'elle refuse de légiférer avant d'avoir les résultats d'une étude d'impact d'éventuelles interdictions de produits sur les finances des sociétés productrices. Néanmoins, l’exposition aux perturbateurs endocriniens a aussi un coût, et pas des moindres !
Un rapport de 2015 pour le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism estime à plus de 150 milliards d'euros le coût sanitaire pour l'UE de l'exposition des populations à ces substances, dont environ 45 milliards pour la France. L'estimation haute se situe aux alentours de 270 milliards, soit 2 % du PIB européen. Et malgré tout, dans ce chiffrage, de très nombreuses substances (95 %) n'ont pas encore été prises en compte, faute de données suffisantes ou pertinentes pour le moment.

Le 16 décembre 2015, la Commission européenne est condamnée par le Tribunal de l'Union Européenne pour violation de ses obligations sur la question des perturbateurs endocriniens. La Commission avait jusqu'en 2013 pour publier une définition officielle des perturbateurs endocriniens, ce qu'elle n'a pas fait.

En avril 2017, le magazine « 60 Millions de consommateurs » affirme que les jeunes Français sont « tous contaminés ». En effet, après avoir analysé une mèche de cheveux d’un panel de 43 adolescents dans un laboratoire indépendant, des résultats montrent que des polluants ont été retrouvés dans les cheveux de tous les jeunes : 34 molécules en moyenne ont été retrouvées sur chaque enfant !

Il semble donc parfaitement urgent de réagir.

Que font les états ?

Divers états prennent des mesures contraignantes sectorielles ou pour certaines molécules. Par exemple, la commercialisation, la fabrication, l’importation et l’exportation des jouets et articles de puériculture contenant des phtalates ont été interdits en France en 1999. Le nonylphénol a été interdit en Allemagne en 2003. Quelques pesticides dont le chlordécone et l'atrazine ont été interdits, pour ne citer que les plus médiatisés. L'usage du DDT a été mondialement interdit en 1973, mais alors qu'on le trouve encore dans l'environnement et les graisses de nombreux organismes, des pressions existent pour ré-autoriser son usage dans les pays pauvres.

L'OCDE y travaille également depuis 1996 avec la commission européenne, en particulier sur les méthodes d'essai et d'évaluation des perturbateurs endocriniens ; d'abord pour la santé humaine puis pour l'environnement. Diverses commissions internationales visant notamment la protection des océans (OSPAR, HELCOM, etc.) s'intéressent aussi à ces questions.
Et la recherche ?
La recherche porte généralement sur les thèmes suivants :
- le criblage : les méthodes analytiques (chimiques, tests biologiques, biomarqueurs d'effets) pour déterminer le taux de ces polluants dans un milieu ;
- la mesure de la répartition et durée de vie dans l’environnement (eau, sol, air, sédiments, aliments, etc.) et/ou dans les organismes vivants ;
- l’identification des dangers et l’évaluation des risques, la mesure du degré d'impact effectif (chez quelques espèces jugées représentatives ou faciles à étudier) ;
- la compréhension des mécanismes d’action (et d'éventuels effets épigénétiques), mais aussi de dégradation naturelle de ces molécules, par des études écocinétiques et toxicologique des perturbateurs endocriniens ;
- l'étude des voies métaboliques dans l’organisme et les étapes clefs de la biodégradation.

Des études de population ou écoépidémiologiques ont mis en évidence des effets à long terme. Elles ont permis de développer des modèles animaux et de commencer à développer des modélisations des effets des perturbateurs endocriniens.

Qu’est-ce qu’on peut faire nous ?

La première des actions est de tenter de limiter notre exposition aux perturbateurs endocriniens. Ceci est compliqué par le caractère « ubiquitaire » de l'exposition : elle se fait via l'eau, l'air, le sol, les aliments et médications, la pilule contraceptive, etc.
Néanmoins, nous pouvons tenter d’adapter nos achats et notre mode de vie de façon à limiter leur présence dans notre environnement domestique.
Le monde associatif est un acteur important pour les questions environnementales et ces nombreuses associations nous accueillent à bras ouverts !

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